Le Voyage – Charles Baudelaire

mare

Le Voyage
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, La Mort, CXXVI, 1861

I
Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent
D’espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom !

II
Nous imitons, horreur ! la toupie et la boule
Dans leur valse et leurs bonds;même dans nos sommeils
La Curiosité nous tourmente et nous roule,
Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.

Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n’étant nulle part, peut être n’importe où !
Où l’Homme, dont jamais l’espérance n’est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou !

Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie ;
Une voix retentit sur le pont : « Ouvre l’œil ! »
Une voix de la hune, ardente et folle, crie :
« Amour… gloire… bonheur ! » Enfer ! c’est un écueil !

Chaque îlot signalé par l’homme de vigie
Est un Eldorado promis par le Destin ;
L’Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu’un récif aux clartés du matin.

Ô le pauvre amoureux des pays chimériques !
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
Ce matelot ivrogne, inventeur d’Amériques
Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?

Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
Rêve, le nez en l’air, de brillants paradis ;
Son œil ensorcelé découvre une Capoue
Partout où la chandelle illumine un taudis.

III
Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d’astres et d’éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l’ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.

Dites, qu’avez-vous vu ?

IV
« Nous avons vu des astres
Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
Et, malgré bien des chocs et d’imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

La gloire du soleil sur la mer violette,
La gloire des cités dans le soleil couchant,
Allumaient dans nos cœurs une ardeur inquiète
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

Les plus riches cités, les plus beaux paysages,
Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux
De ceux que le hasard fait avec les nuages.
Et toujours le désir nous rendait soucieux !

– La jouissance ajoute au désir de la force.
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,
Cependant que grossit et durcit ton écorce,
Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
Que le cyprès ? – Pourtant nous avons, avec soin,
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !

Nous avons salué des idoles à trompe ;
Des trônes constellés de joyaux lumineux ;
Des palais ouvragés dont la féerique pompe
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
Et des jongleurs savants que le serpent caresse. »

V
Et puis, et puis encore ?

VI
« Ô cerveaux enfantins !

Pour ne pas oublier la chose capitale,
Nous avons vu partout, et sans l’avoir cherché,
Du haut jusques en bas de l’échelle fatale,
Le spectacle ennuyeux de l’immortel péché :

La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût ;
L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout ;

Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;
La fête qu’assaisonne et parfume le sang ;
Le poison du pouvoir énervant le despote,
Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ;

Plusieurs religions semblables à la nôtre,
Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;

L’Humanité bavarde, ivre de son génie,
Et, folle maintenant comme elle était jadis,
Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
« Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis ! »

Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
Et se réfugiant dans l’opium immense !
– Tel est du globe entier l’éternel bulletin. »

VII
Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit
Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste,
Le Temps ! Il est, hélas ! des coureurs sans répit,
Comme le Juif errant et comme les apôtres,

À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
Pour fuir ce rétiaire infâme : il en est d’autres
Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.
Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,

Nous pourrons espérer et crier : En avant !
De même qu’autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,
Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres

Avec le cœur joyeux d’un jeune passager.
Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent : « Par ici ! vous qui voulez manger
Le Lotus parfumé ! c’est ici qu’on vendange

Les fruits miraculeux dont votre cœur a faim ;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n’a jamais de fin ! »
À l’accent familier nous devinons le spectre ;

Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
« Pour rafraîchir ton cœur nage vers ton Électre ! »
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.

VIII
Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !

****************************************************

I
Per il bimbo, innamorato di mappe e stampe,
l’universo è uguale al suo vasto appetito.
Ah! Com’è grande il mondo al lume delle lampade!
Agli occhi del ricordo com’è piccolo il mondo!

Un mattino partiamo, il cervello infiammato,
il cuore gonfio di rancori e desideri amari,
e andiamo, seguendo il ritmo dell’onda,
cullando il nostro infinito sul finito dei mari:

Gli uni, lieti di fuggire una patria infame;
altri, l’orrore dei loro natali, e alcuni,
astrologhi annegati negli occhi d’una donna,
la Circe tirannica dai pericolosi profumi.

Per non esser mutati in bestie, s’inebriano
di spazio e luce e di cieli rossi come braci;
il gelo che li morde, i soli che li abbronzano,
cancellano lentamente il marchio dei baci.

Ma i veri viaggiatori sono quei soli che partono
per partire; cuori leggeri, s’allontanano come palloni,
al loro destino mai cercano di sfuggire,
e senza sapere perché, dicono sempre: Andiamo!

Quelli, i cui desideri hanno la forma delle nuvole,
e che sognano, come un coscritto il cannone,
voluttà vaste, cangianti, ignote,
di cui la mente umana ha mai saputo il nome!

II
Imitiamo, orrore! la trottola e la palla

nei loro valzer e salti; anche nei nostri sonni
la Curiosità ci tormenta e ci fa rotolare,
come un Angelo crudele che sferza soli.

Singolare fortuna in cui la meta si sposta;
e, non essendo in nessun posto, può essere ovunque!
in cui l’Uomo, la cui speranza non è mai esausta,
per trovare riposo corre sempre come un matto!

La nostra anima è un veliero che cerca la sua Icaria;
una voce risuonò sul ponte: «Apri gli occhi!»
una voce dalla coffa, ardente e folle, grida:
«Amore… gloria… felicità!» Dannazione! È una trappola!

Ogni isolotto avvistato dall’uomo di vedetta
è un Eldorado promesso dal Destino;
l’Immaginazione che prepara la sua orgia
non trova che un frangente alla luce del mattino.

Oh, il povero innamorato di paesi chimerici!
Bisognerà metterlo ai ferri, gettarlo a mare,
quel marinaio ubriaco, inventore d’Americhe
il cui miraggio fa l’abisso più amaro?

Così il vecchio vagabondo, pestando nel fango
sogna, il naso in aria, paradisi brillanti;
il suo occhio stregato scopre una Capua
ovunque una candela illumini un tugurio.

III
Incredibili viaggiatori! Quali nobili storie
leggiamo nei vostri occhi profondi come il mare!
Mostrateci gli scrigni delle vostre ricche memorie,
quei meravigliosi gioielli fatti d’astri e di etere.

Vogliamo navigare senza vapore e senza vela!
Per animare il tedio delle nostre prigioni,
fate scorrere sui nostri spiriti, tesi come una tela,
i vostri ricordi con le loro cornici d’orizzonti.

Diteci, che avete visto?

IV
«Abbiamo visto astri
e flutti; abbiamo visto anche sabbie
e nonostante choc e imprevisti disastri,
ci siamo spesso annoiati, come qui.

La gloria del sole sul mare viola,
la gloria delle città verso il tramonto,
nei nostri cuori accendevano un ardore inquieto
di tuffarci in un cielo dal riflesso allettante.

Le più ricche città, i più bei paesaggi,
non contenevano mai l’attrazione misteriosa
di quelle che il caso fa con le nuvole.
E sempre il desiderio ci rendeva inquieti!

– Il godimento aggiunge al desiderio la forza.
Desiderio, vecchio albero a cui il piacere serve da concime,
mentre s’ingrossa e indurisce la tua scorza,
i tuoi rami vogliono vedere il sole più da vicino!

Crescerai sempre, grande albero più vivace
del cipresso? – Eppure attentamente abbiamo
raccolto qualche schizzo per l’album vorace,
fratelli che trovate bello tutto ciò che vien da lontano!

Abbiamo salutato idoli con proboscidi;
troni tempestati di gemme luminose;
palazzi cesellati il cui splendore fatato
per i vostri banchieri sarebbe un sogno rovinoso;

costumi che per gli occhi sono un’ebbrezza;
donne dai denti e dalle unghie dipinte,
e giocolieri esperti che il serpente accarezza.»

V
E poi, e poi ancora?

VI
«O cervelli infantili!

Per non dimenticare la cosa capitale,
abbiamo visto ovunque, e senza averlo cercato,
dall’alto fino al basso della scala fatale,
lo spettacolo noioso del peccato immortale;

la donna, schiava vile, orgogliosa e stupida,
senza scherzi s’adora e s’ama e non si ripugna;
l’uomo, tiranno vorace, lascivo, duro e bramoso,
schiavo della schiava e rivolo nella fogna;

il carnefice che gioisce, il martire che singhiozza;
la festa che condisce e insaporisce il sangue;
il veleno del potere che snerva il despota,
e il popolo innamorato della frusta stordente;

parecchie religioni simili alla nostra,
tutte che scalano il Cielo; la Santità,
come su un letto di piume un delicato sguazza,
fra i chiodi e il crine cerca la voluttà;

l’Umanità pettegola, ebbra del suo genio,
e, pazza adesso com’era una volta,
urla a Dio nella sua furibonda agonia:
«Mio simile, mio padrone, io ti maledico!»

E i meno stolti, amanti arditi della Demenza,
in fuga dal gran gregge raccolto dal Destino,
cercando rifugio nell’oppio infinito!
– Questo del globo intero è l’eterno bollettino.»

VII
Che amara conoscenza si ricava dal viaggio!
Il mondo, monotono e piccino, oggi,
ieri, domani, sempre, ci mostra l’immagine nostra:
un’oasi d’orrore in un deserto di noia!

Dobbiamo partire? restare? Se puoi restare, resta;
parti, se devi. C’è chi corre, e chi si rintana
per ingannare il nemico vigile e funesto,
il Tempo! C’è, ahimè! chi corre senza sosta,

come l’Ebreo errante e come gli apostoli,
al quale non basta treno o naviglio,
per fuggire questo infame reziario; e altri
che sanno ammazzarlo senza lasciare la loro culla!

Quando infine metterà il piede sulla nostra schiena,
noi potremo sperare e urlare: Avanti!
lo stesso come quando siam partiti per la Cina,
gli occhi fissi al largo e i capelli al vento,

così c’imbarcheremo sul mare delle Tenebre
col cuore contento d’un giovane passeggero.
Ascoltate quelle voci affascinanti e funeree
che cantano: «Di qui! Voi che volete assaporare

il Loto profumato! è qui che si vendemmiano
i frutti miracolosi di cui ha fame il vostro cuore;
venite a inebriarvi della dolcezza strana
di questo pomeriggio che non ha mai fine!»

Dal tono familiare indoviniamo lo spettro;
laggiù i nostri Piladi ci tendono le braccia.
«Per rinfrescarti il cuore naviga verso la tua Elettra!»
dice quella cui un tempo baciavamo le ginocchia.

VIII
”O Morte, vecchio capitano, è tempo! leviamo l’ancora!
Ci annoia questo paese, o Morte! Salpiamo!
Se il cielo e il mare sono neri come inchiostro
i nostri cuori, a te noti, sono colmi di raggi!

Versaci il tuo veleno perché ci riconforti!
Noi vogliamo, tanto ci brucia il cervello questo fuoco,
tuffarci nel baratro, Inferno o Cielo, che importa?
In fondo all’Ignoto per trovare qualcosa di nuovo!

traduzione di Marco Vignolo Gargini

Informazioni su Marco Vignolo Gargini

Marco Vignolo Gargini, nato a Lucca il 4 luglio 1964, laureato in Filosofia (indirizzo estetico) presso l’Università degli Studi di Pisa. Lavora dal 1986 in qualità di attore e regista in rappresentazioni di vario genere: teatro, spettacoli multimediali, opere radiofoniche, letture in pubblico. Consulente filosofico e operatore culturale, ha scritto numerose opere di narrativa tra cui i romanzi "Bela Lugosi è morto", Fazi editore 2000 e "Il sorriso di Atlantide", Prospettiva editrice 2003, i saggi "Oscar Wilde – Il critico artista", Prospettiva editrice 2007 e "Calciodangolo", Prospettiva editrice 2013, nel 2014 ha pubblicato insieme ad Andrea Giannasi "La Guerra a Lucca. 8 settembre 1943 - 5 settembre 1944", per i tipi di Tra le righe libri, nel 2016 è uscito il suo "Paragrafo 175- La memoria corta del 27 gennaio", per i tipi di Tra le righe libri; è traduttore di oltre una trentina di testi da autori come Poe, Rimbaud, Shakespeare, Wilde. Nel 2005 il suo articolo "Le poète de sept ans" è stato incluso nel 2° numero interamente dedicato a Arthur Rimbaud sulla rivista Cahiers de littérature française, nata dalla collaborazione tra il Centre de recherche sur la littérature français du XIX siècle della Università della Sorbona di Parigi e l’Università di Bergamo. È stato Presidente dell’Associazione Culturale “Cesare Viviani” di Lucca. Molte sue opere sono presenti sul sito www.romanzieri.com. Il suo blog è https://marteau7927.wordpress.com/ ****************** Marco Vignolo Gargini, born in Lucca July 4, 1964, with a degree in Philosophy (Aesthetic) at the University of Pisa. He works since 1986 as an actor and director in representations of various kinds: theater, multimedia shows, radio plays, readings in public. Philosophical counselor and cultural worker, has written numerous works of fiction, including the novels "Bela Lugosi è morto", Fazi Editore 2000 and "Il sorriso di Atlantide," Prospettiva editrice 2003, essays "Oscar Wilde - Il critico artista," Prospettiva editrice in 2007 and "Calciodangolo" Prospettiva editrice in 2013, in 2014 he published together with Andrea Giannasi "La guerra a Lucca. September 8, 1943 - September 5, 1944," for the types of Tra le righe libri, in 2016 he published "Paragrafo 175 - La memoria corta del 27 gennaio", for the types of Tra le righe libri; He's translator of more than thirty texts by authors such as Poe, Rimbaud, Shakespeare, Wilde. In 2005 his article "The poète de sept ans" was included in the 2nd issue entirely dedicated to Arthur Rimbaud in the journal "Cahiers de littérature française II", a collaboration between the Centre de recherche sur la littérature français du XIX siècle the Sorbonne University Paris and the University of Bergamo. He was President of the Cultural Association "Cesare Viviani" of Lucca. Many of his works are on the site www.romanzieri.com. His blog is https://marteau7927.wordpress.com/
Questa voce è stata pubblicata in Cultura, Letteratura, Libri, Poesia, Sisohpromatem, Traduzioni. Contrassegna il permalink.

Rispondi

Effettua il login con uno di questi metodi per inviare il tuo commento:

Logo di WordPress.com

Stai commentando usando il tuo account WordPress.com. Chiudi sessione /  Modifica )

Foto Twitter

Stai commentando usando il tuo account Twitter. Chiudi sessione /  Modifica )

Foto di Facebook

Stai commentando usando il tuo account Facebook. Chiudi sessione /  Modifica )

Connessione a %s...